Le Cloud est devenu un terme omniprésent. Mais qu’est-ce que c’est exactement ? Quelles sont les nuances de cette technologie et quels impacts a-t-il sur les opérations des entreprises ?
Cet article démystifie le Cloud, explore son fonctionnement, ses types, ses utilisations, et les considérations pour son adoption. Objectif : fournir une vue d’ensemble indispensable pour les décideurs IT.
Définition du Cloud
Que signifie exactement “Cloud” ?
Le Cloud désigne l’utilisation de ressources informatiques (comme les serveurs, le stockage, les bases de données, les applications et les services réseau) hébergées sur Internet plutôt que sur des serveurs locaux ou des ordinateurs personnels. Cette technologie permet aux entreprises et aux individus de stocker des données et d’exécuter des applications sur des serveurs distants.
D’où vient ce terme ?
Le terme “Cloud” est issu de l’ancienne représentation en nuage (cloud en anglais) utilisée pour décrire les sections de réseau complexes dans les diagrammes de télécommunication. Le nuage symbolisait l’infrastructure Internet abstraite et lointaine, un ensemble de serveurs et de réseaux interconnectés invisibles à l’utilisateur final.
lus précisément, c’est l’expression “Cloud computing” qui émerge et désigne deux éléments liés :
- les données (“Cloud”),
- le traitement de ces données (“computing”).
C’est d’ailleurs parce que le Cloud computing est souvent abrégé en Cloud que la notion est parfois réduite au stockage de données.
Quels acteurs ont influencé la création et la popularisation du Cloud ?
- 1996 : le terme « cloud computing » apparaît lors d’échanges entre des employés qui anticipent la migration des logiciels d’entreprise vers le Web.
- 1997 : l’universitaire américain Ramnath K. Chellapa définit le cloud computing comme un nouveau modèle informatique, guidé autant par des considérations économiques que techniques.
- 2006 : Eric Schmidt, alors CEO de Google, contribue à populariser les termes « cloud » et « cloud computing » lors d’une conférence.
- 2007 : Amazon, IBM et Microsoft reprennent à leur tour régulièrement cette expression, qui commence à s’imposer dans le secteur informatique.
Quels sont les différents usages du Cloud ?
Le cloud permet d’utiliser des services informatiques via Internet, sans avoir à gérer de serveurs ou d’infrastructure. Concrètement, il sert à :
- stocker et sauvegarder des données.
- utiliser des logiciels en ligne, sans installation.
- créer et faire tourner des applications.
- travailler à distance et collaborer facilement, depuis n’importe quel appareil.
- traiter et analyser des données.
Dans le cloud, presque tout peut être fourni comme un service :
- une infrastructure ;
- une plateforme technique ;
- un logiciel ;
- du stockage ;
- une base de données ;
- une fonction informatique.
Le cloud permet surtout de gagner du temps, de réduire la gestion technique et d’adapter rapidement ses outils selon ses besoins.
Quels sont les différents modèles de déploiement du Cloud ?
Ce sont des modèles de déploiement ou d’hébergement. Cloud privé, cloud public et cloud hybride sont les principaux types de cloud computing. Chacun présente des caractéristiques et des avantages uniques :
Cloud privé
Le Cloud privé est exclusivement utilisé par une seule organisation. Il offre un contrôle complet sur les données, la sécurité et la gestion, car les ressources informatiques sont dédiées et souvent hébergées sur site ou chez un prestataire tiers. Cette approche est privilégiée par les entreprises qui ont des exigences strictes en matière de sécurité et de conformité, et permettent une personnalisation et une isolation complète de l’environnement.
💡 Un cloud privé n’est pas automatiquement plus sécurisé qu’un cloud public, car les grands fournisseurs de cloud public investissent massivement dans la sécurité, souvent à un niveau difficilement atteignable en interne.
Cloud public
Dans le Cloud public, les services sont offerts sur Internet par des fournisseurs extérieurs et sont accessibles à tout le monde. Les utilisateurs bénéficient d’une grande échelle et d’une réduction des coûts, car les ressources sont partagées entre de nombreux clients. Des exemples de Cloud public incluent AWS, Microsoft Azure et Google Cloud Platform. Cette solution est idéale pour les applications moins sensibles où la flexibilité et l’efficacité des coûts sont prioritaires.
Cloud hybride
Le Cloud hybride combine des éléments du Cloud privé et public, permettant aux entreprises de tirer parti des avantages de chaque modèle. Cette intégration permet une gestion flexible des ressources, où les charges de travail peuvent être déplacées entre les environnements privés et publics en fonction des besoins, des coûts et des considérations de sécurité.
Il ne s’agit pas juxtaposer un cloud privé et un cloud public, mais de les faire fonctionner ensemble de manière cohérente, pour pouvoir déplacer des données ou des applications facilement entre les deux.
Multicloud
Le multicloud fait référence à l’utilisation de plusieurs services Cloud publics et/ou privés pour répartir les ressources et réduire la dépendance à un seul fournisseur. Cette stratégie offre une diversité en termes de choix de services et une flexibilité opérationnelle, optimisant les performances et la résilience de l’infrastructure informatique.
Parfois, le multi-cloud résulte de l’historique de l’entreprise, mais de plus en plus, il s’agit d’une stratégie volontaire.
Quels sont les grands modèles de services du Cloud ?
PaaS (Platform as a Service)
PaaS fournit une plateforme et un environnement permettant aux développeurs de construire des applications et des services sur Internet. Les fournisseurs de PaaS gèrent l’infrastructure, tandis que les utilisateurs se concentrent sur le déploiement et la gestion de leurs applications.
IaaS (Infrastructure as a Service)
IaaS offre des ressources informatiques virtualisées sur Internet. Avec IaaS, les entreprises peuvent louer des serveurs, du stockage et du réseau, éliminant le besoin d’investir dans un équipement physique coûteux.
FaaS (Function as a Service)
FaaS, ou serverless computing, permet aux développeurs d’exécuter du code en réponse à des événements, sans gérer les serveurs. Les fonctions sont exécutées dans des conteneurs qui sont activés uniquement lorsqu’une certaine demande ou un événement se produit, optimisant ainsi les ressources et réduisant les coûts.
Quels sont les avantages de l’utilisation du Cloud ?
L’utilisation du Cloud offre plusieurs avantages significatifs.
Premièrement, la flexibilité et l’évolutivité sont des atouts majeurs, permettant aux entreprises d’ajuster rapidement leurs ressources IT en fonction des besoins fluctuants, sans nécessiter d’investissements importants en matériel. De plus, le Cloud offre un modèle de paiement à l’usage, transformant les coûts d’investissement en coûts opérationnels prévisibles, ce qui aide à mieux gérer les budgets IT.
La collaboration est également facilitée dans le Cloud, où les fichiers et les données peuvent être accessibles de manière sécurisée à partir de n’importe quel endroit, favorisant le travail d’équipe et l’efficacité. Du côté de la maintenance, le Cloud réduit la charge, car les fournisseurs prennent en charge la gestion de l’infrastructure, y compris les mises à jour et les corrections de sécurité.
En termes de reprise après sinistre, le Cloud offre des solutions robustes, assurant la sauvegarde des données et une récupération rapide en cas de panne ou de sinistre, contribuant ainsi à la continuité des activités de l’entreprise.
Vous souhaitez migrer vers une solution cloud ? Découvrez dans notre article sur le cloud consulting, les avantages de faire appel à une entreprise externe comme SmartYou.
Quels sont les inconvénients du Cloud ?
Malgré ses nombreux avantages, le Cloud présente aussi des inconvénients.
La dépendance vis-à-vis du fournisseur est une préoccupation majeure, car les entreprises peuvent rencontrer des difficultés si elles souhaitent changer de fournisseur, dues à des problèmes de compatibilité ou de migration des données.
La sécurité est une autre préoccupation importante, car le stockage des données en dehors de l’entreprise peut les exposer à des risques de violation. Bien que les fournisseurs de Cloud investissent massivement dans la sécurité, les entreprises doivent être vigilantes dans la gestion de leurs données et de leurs accès. Pour en apprendre davantage sur la sécurité du cloud, consultez notre article sur nos solutions de sécurité cloud.
La disponibilité et les performances peuvent également varier, dépendant de la connectivité Internet et des infrastructures du fournisseur. En cas de panne Internet ou de problèmes techniques du côté du fournisseur, l’accès aux services et aux données peut être compromis.
Enfin, la gestion de la conformité et des questions légales relatives à la localisation des données peut être complexe, en particulier pour les entreprises opérant dans plusieurs juridictions ou secteurs réglementés.
Comment choisir un Cloud fiable ?
Choisir un système de Cloud fiable est une décision stratégique qui impacte la sécurité, la performance et la croissance de votre entreprise. Avant de se lancer, il est essentiel de considérer plusieurs critères clés pour garantir une infrastructure adaptée à vos besoins et à vos exigences.
Voici 5 critères pour choisir un système de cloud fiable et adéquate à votre entreprise :
Sécurité et conformité
Vérifiez que le fournisseur Cloud dispose de mesures de sécurité robustes et d’une certification conforme aux normes internationales. Assurez-vous également qu’il peut répondre aux exigences légales et réglementaires spécifiques à votre secteur d’activité. Tout savoir sur la protection des données dans le cloud, en consultant notre article sur la sécurité du cloud.
Performance et fiabilité
Évaluez la performance et la fiabilité du fournisseur en examinant son historique de temps de fonctionnement (uptime) et ses capacités de redondance. Des niveaux élevés de disponibilité et des plans de reprise d’urgence bien établis sont essentiels.
Scalabilité et flexibilité
Le fournisseur doit offrir des options de service flexibles qui peuvent évoluer en fonction de la croissance de votre entreprise. La capacité à ajuster les ressources rapidement et facilement est cruciale pour accompagner l’évolution de vos besoins.
Support client et service technique
Un support client réactif et un service technique compétent sont indispensables. Vérifiez les options de support proposées, les niveaux de service garantis (SLA) et les canaux de communication disponibles pour assurer une assistance efficace.
Transparence et coûts
Choisissez un fournisseur qui offre une structure de tarification claire et sans coûts cachés. Comprendre précisément comment les services sont facturés vous aidera à éviter les surprises budgétaires et à planifier vos dépenses IT.
Quelles sont les Clouds que nous vous recommandons ?
Concernant le cloud d’infrastructure (IaaS), nous recommandons 3 possibilités :
| Amazon AWS | Microsoft Azure | Exoscale | |
| Positionnement | Cloud public, orienté innovation et scalabilité | Cloud hybride proche des environnements Microsoft historiques | Cloud suisse orienté souveraineté des données |
| Scalabilité | Très élevée, mondiale et instantanée | Très élevée avec forte intégration Microsoft | Plus ciblée et adaptée à la majorité des besoins PME/ETI |
| Protection juridique des données | Gouvernance américaine | Gouvernance américaine | Gouvernance suisse |
| Localisation des données | International | International | Suisse et/ou Europe |
| Contrôle de l’infrastructure | Infrastructure très abstraite | Gouvernance structurée et intégrée Microsoft | Davantage de maîtrise sur les couches infrastructure |
| Vision du licensing | Complexe selon les services utilisés | Souvent avantageux dans un environnement Microsoft existant | Plus lisible et plus simple |
| Résilience | Très haut niveau mondial | Très haut niveau mondial | Très bon niveau avec data centers européens |
💡Dans les faits, le plus souvent, la majorité des entreprises utilisent un Cloud hybride, qui combine des ressources locales (serveurs internes) avec des services cloud externes.
Concernant les services clouds, destinés aux usages collaboratifs et bureautiques, nous recommandons Google Workspace ou Microsoft 365.
Stocker ses données sur le Cloud comporte-t-il des risques ?
Stocker des données sur le Cloud comporte des risques liés principalement à la sécurité et à la confidentialité. Bien que les fournisseurs de Cloud mettent en place des mesures robustes pour protéger les données, des vulnérabilités peuvent survenir, notamment en cas de cyberattaques, de violations de données ou d’erreurs humaines. La gestion des accès, le chiffrement des données et la localisation géographique des serveurs sont des éléments critiques à considérer, car ils influencent la vulnérabilité des données à l’espionnage ou aux perturbations légales. Il est essentiel de comprendre les politiques de sécurité du fournisseur, les conditions de service et les engagements en matière de conformité pour minimiser les risques liés au stockage des données sur le Cloud.
En conclusion, le Cloud est une composante essentielle de l’infrastructure IT, offrant flexibilité, efficacité et innovation. Malgré ses nombreux avantages, il convient de naviguer prudemment, en considérant les risques, la conformité légale, comme le Cloud Act, et les enjeux de sécurité. Choisir le bon type de Cloud et le fournisseur fiable est crucial pour optimiser les bénéfices de cette technologie. Pour ceux qui cherchent à approfondir leur compréhension ou à implémenter des solutions Cloud, explorer des articles détaillés sur le Cloud et consulter nos experts dans le domaine peut fournir des orientations précieuses pour une transition réussie vers le Cloud.
FAQ
Quels sont les principaux services Cloud par part de marché ?
Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud Platform (GCP) sont leaders. IBM Cloud et Oracle Cloud sont également des acteurs notables.
Qu’est-ce que le Cloud Act ?
Le Cloud Act est une loi américaine adoptée en 2018 qui permet aux agences fédérales d’accéder aux données stockées par les fournisseurs de services Cloud, indépendamment de la localisation géographique des données. Cette loi vise à faciliter la lutte contre la criminalité et le terrorisme en donnant aux autorités américaines le droit d’obtenir des informations hébergées sur des serveurs, même en dehors des États-Unis. Le Cloud Act soulève des préoccupations en matière de vie privée et de souveraineté des données, incitant les entreprises à évaluer soigneusement les implications légales et la sécurité de leurs données stockées dans le Cloud, notamment si elles sont gérées par des fournisseurs soumis à cette législation.
Combien peut coûter l’utilisation du Cloud ?
Le coût de l’utilisation du Cloud dépend de nombreux facteurs, tels que le type de service (IaaS, PaaS, SaaS), la quantité de stockage nécessaire, la bande passante utilisée, et le niveau de gestion requis. Les prix peuvent varier de quelques dollars par mois pour des services basiques à des milliers pour des solutions d’entreprise complètes. Il est important d’évaluer les besoins spécifiques et de choisir un plan tarifaire adapté pour optimiser les coûts.
Migrer sur le Cloud, combien de temps ça prend ?
La durée de la migration sur le Cloud varie en fonction de la complexité de l’infrastructure existante, de la quantité de données à transférer, et de l’expérience de l’équipe technique. Le processus peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois, nécessitant une planification minutieuse, une préparation adéquate et une phase de test avant le déploiement complet pour assurer une transition fluide et efficace.
Qu’est-ce qu’un cloud souverain ?
La souveraineté ne signifie pas la même chose pour toutes les organisations. Pour certaines, elle suppose de maîtriser toute la chaîne technologique. Pour d’autres, il suffit que les données soient hébergées localement, par un acteur soumis au droit national et hors de portée du Cloud Act. À chaque organisation de définir son niveau d’exigence selon ses risques, son secteur et ses obligations. On en parle dans notre comparatif des meilleurs clouds utilisés en Suisse.